[] From Dust

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Eric Chahi fait partie de ces Français qui ont acquis leurs lettres de noblesse dans les années 90, lors de cette belle époque qui rend plein de joueurs nostalgiques et qui a donné naissance à beaucoup de passionnés. Après une longue période d’inactivité dans notre médium, le revoici à la tête d’un projet de jeu dématérialisé, et il compte bien partager avec nous toutes ses connaissances dans sa grande passion : les volcans.

From Dust nous plonge à la tête d’une petite tribu tribale sur la trace des connaissances perdues de leurs ancêtres. Pour les aider, nous aurons la possibilité de déplacer des masses conséquente de matière: dans un premier temps seulement le sable, puis l’eau et la lave. Nous pouvons ainsi aider ces petits hommes à rejoindre des totems laissés par les ancêtres qui leur permettent de construire un village et de prospérer. Chaque village sera un petit oasis de paix permettant aux villageois de se multiplier et la nature de se développer. La végétation naîtra en même temps que les maisons et essayera petit à petit de conquérir l’environnement hostile qui l’entoure. Chaque totem conquis nous offrira un pouvoir activable pour une petite durée nous aidant à protéger notre tribu. Ainsi nous pourrons ramasser plus de matière ou faire évaporer l’eau, par exemple.

A travers les niveaux, de petits autels seront éventuellement disponibles pour offrir des pouvoirs à nos villages. Il en existe deux: l’un donne le pouvoir de repousser l’eau (évitant ainsi les inondations), l’autre de repousser la lave. Les deux sont bien utiles mais on se rend rapidement compte que repousser la lave ne l’empêche pas de mettre le feu à la végétation… Il faudra donc tout de même faire attention et faire le pompier. Un village tribal, ça brûle vite…

Au cours des 13 niveaux du mode histoire, nous devons donc aider nos amis à conquérir les quatre totems présents sur la carte, et, éventuellement, la recouvrir complètement de végétation. Si les premiers niveaux sont initiatiques, la difficulté arrive rapidement et il devient parfois très difficile de conquérir un totem et rendre le village totalement sûr. J’ai été totalement accroché par ce gameplay, on est totalement dans le God Game pur et dur, et c’est vraiment jouissif de modifier totalement la géographie de chaque niveau. La difficulté est même au rendez-vous et il m’est arrivé une ou deux fois d’avoir trop confiance dans mes positions et voir mes villages bruler… La durée de vie de ce mode histoire est honnête même si la fin arrive trop rapidement: j’aurais aimé voir encore plein de niveaux et peut être de nouveaux pouvoirs. Un mode défi est justement là pour gonfler cette durée de vie mais il ne m’a pas accroché du tout…

Au final, c’est un retour gagnant pour monsieur Chahi, j’ai hâte de voir la suite !

From Dust

[] Assassin’s Creed 3

Assasin's Creed III - couverture Xbox 360

Je me rappelle encore les émotions qui m’ont parcouru lorsque j’ai vu tourner, pour la première fois, le premier Assassin’s Creed. C’était lors du Micromania Games Show. J’y avais traîné un pote, et l’avais obligé à faire le petit quart d’heure de queue nécessaire pour entrer dans la petite salle dédiée au jeu, au milieu du salon. Une fois à l’intérieur, un mec nous a parlé du jeu, de son concept et des objectifs alors qu’un autre, assis sur le côté, manette en main, entrait dans Damas afin de remplir la première mission d’assassinat.

Quelle joie de voir un jeu nous offrir autant de liberté dans le déplacement, escalader n’importe quel mur, traverser la foule en poussant gentiment les passants, se cacher au milieu d’un groupe de croyants pour passer inaperçu… je me rappelle encore de la stupeur de voir Altaïr se lâcher de la paroi de l’immeuble pour réaliser un assassinat, du premier saut de l’aigle ou encore de ce coup d’épée donné dans des échafaudages en bois pour les faire s’écrouler. Sans parler de cette claque mise à une mendiante un peu trop insistante, acte qui m’avait à la fois surpris et amusé.

Assasin's Creed III - couverture Xbox 360Mais l’émerveillement est maintenant passé, Assassin’s Creed 3 est le 5ème jeu de la licence que je fais, et j’ai maintenant l’habitude de son gameplay et de tous ses rouages. Nous en avons fini avec Ezio, place maintenant à une nouvelle époque, un nouvel ancêtre de Desmond. La principale question que je me posais était de savoir si Ubisoft avait réussi à redonner un coup de jeune à la licence.

Il y a plein de nouveautés dans cet épisode: finie l’antiquité romaine, bienvenue dans le nouveau monde au début de la colonisation; enfin, plus exactement quelques années avant la Boston Tea Party. Ce changement d’époque apporte son lot de modifications de gameplay et ajoute de la variété aux environnements. Bien sûr, on aura toujours ces grandes villes à parcourir de long en large mais aussi deux autres zones importantes.

La première zone est le manoir, qui se débloquera au cours du scénario, qui est une énorme amélioration du village familial qu’on a connu dans le « premier Assassin’s Creed 2« . On pourra recruter de nouveaux artisans, généralement en les sauvant d’une situation périlleuse et en leur offrant de s’installer chez vous. Cette zone devient, petit à petit, vivante et un point de départ de nombreuses quêtes, principales ou annexes.

L’autre zone est une énorme aire naturelle avec une rivière, des forêts, et un relief important permettant de transposer le gameplay d’escalade et de déplacement dans la nature. Lorsqu’il faudra relier deux zones importantes (le manoir, Boston ou New York), on a le choix de se téléporter directement dans la zone voulue, ou bien de traverser cette campagne à cheval. Certaines missions nous amèneront dans les villages, campements ou champs de bataille de cette région. On aura l’occasion de participer à de grandes batailles et commander à des artilleurs pour résister à l’assaut de l’ennemi. En fait, il nous est juste demandé de tenir un certain temps pour que la suite du scénario s’enclenche. Comme dans tous les Assassin’s Creed, il n’y a qu’une fin à chaque mission, et qu’un seul chemin pour arriver à la fin du jeu.

Assassin's Creed III

Autre changement que j’ai trouvé  important, c’est la place de la narration dans l’histoire. Depuis le début nous avons ces allers retours entre le présent avec Desmond et le passé avec l’un de ces ancêtres. Les passages dans le présent sont toujours là pour faire avancer la trame principale. On revient dans la peau de Desmond entre chaque chapitre. Par contre, la partie dans l’Animus est beaucoup plus séquencée qu’avant, ou du moins, il y a beaucoup de diversité.

Vous vous en rendrez compte dès la première séquence, on comprend rapidement que le premier ancêtre que l’on joue n’est pas le héros de la jaquette. Il faudra d’ailleurs attendre un certain temps avant de le jouer, d’abord ce premier ancêtre, ensuite notre héros adolescent pour enfin revenir sur notre héros assassin.

La première séquence fait office de prologue permettant de mettre en place une grande partie des thèmes importants et nous dévoile le background du monde que notre assassin devra changer. J’ai trouvé cette première partie excellente, le personnage que l’on dirige a un sacré charisme et même si l’envie de jouer le personnage sur la jaquette est bien présente, j’ai vraiment apprécié le diriger.

Ensuite, on sera amené à jouer Connor, notre héros, alors qu’il est encore jeune. Ce passage nous permet de découvrir ce que l’on peut faire dans la zone frontière. A l’instar de Red Dead Redemption, on pourra chasser les animaux et les dépecer. Autant j’avais pris un réel plaisir à chasser et traquer les animaux dans le titre de Rockstar, alors qu’ici, même si c’est très bien fait, je ne me suis pas du tout intéressé à cette possibilité. L’abondance d’animaux rend la tache assez simple et les animaux ne font pas peur, à aucun moment je ne me suis senti en danger, même face à un ours. Il faut dire qu’il suffit de 3 QTE pour en venir à bout, rien de compliqué, rien d’intéressant.

Assassin's Creed III

Pour finir, on se retrouvera enfin en tant qu’assassin armé de ce tomahawk tant attendu. J’ai adoré l’utiliser dans les combats, c’est super classe ! En étant à la tête du Connor assassin.Bon, il y aura toujours des tentatives de diversification du gameplay à travers l’histoire,comme ce passage dans la prison tentant de couper avec la monotonie, mais complètement raté… J’ai trouvé ce passage pénible et inutile ! Et puis, honnêtement, Connor est chiant, trop sérieux et parfois trop simplet, beaucoup moins intéressant et cohérent que le personnage du début du jeu…

Au final, j’ai fini par rusher la fin du jeu, et je n’ai même pas profité de New York ! J’y retournerai peut être un jour, c’est quand même New York ! Bref, je suis sûr que le fait d’être lassé m’a fait passer à côté de certains passages sympas; j’aurais bien aimé voir ce qu’il se passe une fois toutes les pages récupérées par exemple…

Il y a un autre point que j’ai trouvé pénible: les balades à cheval. Il m’est arrivé très souvent de me retrouver bêtement coincé par le décor en essayant de couper à travers la forêt. Elle n’est pas bien dense mais offre tellement de différence de relief et de passages étroits où le cheval se retrouve bloqué et refuse d’avancer que j’ai souvent préféré poser les pieds à terre et avancer à pied, quitte à rappeler le cheval quelques mètres plus loin, en exploitant les limites de la fonctionnalité. Je comprends totalement que c’est très complexe à coder mais c’est très frustrant pour le joueur, je pense qu’Ubisoft a été trop ambitieux sur ce point.

Autre point négatif, que je n’avais pas ressenti dans les précédents opus, c’est le design de certaines quêtes. J’ai trop souvent eu l’impression de marcher juste 30 secondes pour passer d’une cinématique à une autre. C’est flagrant dans la première partie où on est téléporté dans une zone, on marche 3 mètres, on parle à un complice, puis encore 10 mètres et on parle à un autre gars. Je trouve ça inutile, ça n’apporte rien et hache le jeu.

Là où ils ont assuré, c’est pour la météo. Les fortes pluies ou les décors enneigés changent vraiment la perception du paysage et rendent vraiment l’immersion encore plus importante. Marcher dans la neige et entendre ce craquement si bien rendu est assez excellent. Je préfère la neige dans ce jeu qu’en vrai ! C’est beaucoup moins pénible! Du coup je profite des paysages magnifiques plus facilement. Graphiquement, c’est une réussite, les décors sont beaux, les personnages toujours classe et la mer est superbe !

D’ailleurs, je voulais conclure sur ce sujet. Lorsque je jouais à Assassin’s Creed 3 et que j’étais lassé par la monotonie globale du jeu, j’allais faire les missions navales. Les batailles m’ont rappelé mes heures passées sur Sid Meier’s Pirates sur Amstrad, Megadrive puis PC (oui j’adore ce jeu) et les attaques de forts très scriptées m’ont fait penser à ces passages intenses dans Uncharted, où tout s’écroule autour de nous, et d’où il faut s’échapper. Un bon point ! Vous comprendrez que, malgré mon avis mitigé sur ce jeu, qui est bon mais souffre de la monotonie du gameplay de la licence, je sois tout de même enthousiaste à l’idée de jouer au prochain jeu de la série. Intitulé Black Flag, il se déroulera dans les Caraïbes à l’époque de la grande flibusterie !

A l’abordage!

A l’abordage!

[] Limitless

Limitless

La vidéo à la demande, c’est une invention extraordinaire, ça nous permet à ma femme et moi de passer un moment détente devant un bon petit film après avoir passé une journée de taf et couché le petit. Vous savez, ce moment où on n’a plus d’énergie et rester avachi dans son canapé avec le cerveau déjà au lit, ça permet de souffler un peu avant d’aller se coucher et repartir pour le rythme infernal de la vie quotidienne. Hier soir, on a choisi comme film pour nous détendre : Limitless. Je n’en avais jamais entendu parler mais le pitch donnait envie.

Eddie Morra est un jeune écrivain sur le point de rater sa vie. Il vit aux dépends de sa copine qui finit par le larguer. Son livre n’avance pas, la peur de la page blanche le bloque complètement et aucune page n’est encore sortie de son imagination. Il a beau être sous contrat avec un éditeur, il n’arrive pas à penser à autre chose que son délai déjà dépassé et n’écrit rien. Au détour d’une rue, il croise une ancienne connaissance qui l’invite à boire un verre et, rapidement, comprenant son problème, va lui proposer une pilule magique qui l’aidera à ouvrir son cerveau. En une nuit, il écrit 40 pages totalement géniales et découvre qu’il est capable d’utiliser toutes les connaissances qu’il a pu effleurer une fois dans sa vie. Il lui en faut plus ! Il part dès le lendemain revoir son ancien pote afin de récupérer d’autres petits cachets translucides. Son pote se fait buter pendant qu’Eddie était parti lui chercher à manger. Bien sûr, les assassins sont partis sans trouver la drogue, notre héros va la trouver et s’ouvrir à un monde différent. Quand on est super intelligent, pourquoi être écrivain ? Ça ne rapporte pas assez, autant s’attaquer à la finance …

L’histoire est plutôt bien foutue, le scénario tient la route et est porté par un Bradley Cooper excellent. Voilà un autre acteur qui a la classe, même face à Robert De Niro, et ce n’est pas facile d’avoir le dessus sur cet immense acteur. Je dirais même qu’il faut avoir de sacrées épaules pour jouer un rôle qui prend Monsieur De Niro de haut. Avec lui, ça passe, c’est la classe… J’ai passé un vrai bon moment en regardant ce film, les quelques rebondissements m’ont bien plu, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde.

 

Limitless

[] Block 109

block109

Kilfou du forum de Canard PC parle très souvent et dans de très bon termes de Block 109. Je me suis toujours dit qu’il fallait que je lise cette bande déssinée. Comme souvent, ce fut un achat non anticipé qui ramena cette bd dans ma liste de lecture. Je ne sais pas si c’est hype mais c’est vrai que je n’ai jamais entendu autrechose que des éloges sur ce bouquin. Il fallait bien passer le pas un jour, surtout que l’univers et le type de scénario me plaisent vraiment. Une uchronie, avec comme point de déclic la seconde guerre mondiale, forcément j’allais craquer tôt ou tard.

Block 109

Première page, Hitler s’épuise à son habitude dans un discours devant une assemblée nazie monumentale. Mais cette fois, il ne finira pas son discours, il est arrêté net par une balle de sniper qui traverse son crâne. Hitler n’est plus ! L’empire nazi ne faibli pas pour autant, Heidrich se retrouve aux commandes des SS et un certain Zytek devient grand maître du nouvel ordre teutonique, Hochmeister. Le 8 mai 1945, l’opération Nuit Noire a lieu, l’Allemagne envoie ses missiles nucléaires sur le Royaume Uni et les Etats-Unis. Il ne reste plus qu’un seul front opposant l’Europe conquise à l’URSS, et le résultat des combats n’est pas en faveur de l’Empire Allemand. Tout ceci n’est que l’introduction : le récit se déroule en 1953, l’Allemagne est coincée dans un conflit qui n’en finit plus et qui ronge petit à petit les forces germaniques.

Je ne vous en dirais pas plus, l’introduction magnifique qui se fait en quelques pages avec un résumé succinct des événements qui ont dessiné l’état du monde dépeint, un champ de bataille entre les Russes et les Allemands. Cette mise en bouche est tout simplement extraordinaire, il m’a suffit de lire ces quelques pages pour être accroché à l’histoire et avoir envie de connaître la suite. Le choix artistique est tout aussi puissant que cette introduction puisque nous restons dans un assemblage de blanc, noir et de nuances d’ocre donnant un côté sale au dessin, seul le rouge, que se partagent l’emblème nazi et le sang, enfreint cette règle. Le dessin de Ronan Toulhoat garde un aspect crayonné qui accentue parfaitement ce côté poussiéreux et est vraiment pas dégueulasse.

Le jeune duo que forment Toulhoat et le scénariste Vincent Brugeas tape un grand coup pour leur première publication, Block 109 est un récit uchronique extraordinaire qui m’a complètement conquis. Un duo débutant qui signe un récit vraiment excellent, bien dessiné et bien dirigé. Je pense que j’irai jeter à oeil aux albums qu’ils ont publiés dans le même univers.

[] Übel Blatt – Tome 1

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Bonjour ! Oui, pour une fois, je te salue toi, lecteur … et je te tutoie !  Aujourd’hui, je suis un fou… Sache cher lecteur que mon goût pour la lecture est venue grâce à ma curiosité envers les univers d’héroique-fantasie. Mes premiers bouquins lus volontairement, et plutôt tardivement d’ailleurs, étaient de la collection des Royaumes Oubliés. Du coup, quand j’ai découvert un seinen dans un univers médiéval fantastique, j’ai été fortement intéressé. A l’époque du début de la série, en 2007, j’ai longuement hésité mais finalement, je n’ai passé le pas qu’à la Japan Expo 2012…

Übel Blatt - tome 0 L’univers d’Übel Blatt est basé sur une légende qui régit encore le fonctionnement même du monde. L’empire de Szaaland en guerre contre Wischtech, envoya quatorze guerriers armés de lances sacrées vaincre l’ennemi. Trois de ces soldats moururent en chemin, quatre autres trahirent le groupe et furent tués pour les sept restants. Ces sept héros revinrent en vainqueurs après avoir anéanti les armées ennemies.

Nous sommes vingt ans après, et les contrées frontalières de l’empire, guidée par les quatre lances de la trahison, qui ne sont finalement pas mortes, s’apprêtent à l’envahir. Mais un homme, à l’œil balâfré et maniant une épée noire, a bien l’intention de s’en mêler. Bien sûr, cet homme n’est autre que notre héros, un jeune garçon aux oreilles pointues maniant le pouvoir de l’épée noire, des lames sombres au bout de chaînes qui sortent de son bras. Il ne peut certes utiliser son pouvoir que lorsque la lumière de la Lune tombe sur lui, il n’en est pas moins un redoutable combattant armé d’une simple épée. Sa quête, on ne la connaît pas mais il semble animé d’une volonté forte pour tuer les quatre lances de la trahison…

La mythologie mise en place dans ce tome et la façon d’intercaler le héros dans cette histoire est totalement maîtrisée par Etorōji Shiono et ce n’est pas sur ce seul point que l’auteur assure : les dessins sont vraiment superbes, et même dans les moments intenses, l’action est parfaitement claire. Le style reste tout de même assez sobre, il n’y a pas de niveau de gris, seulement le trait encré, ce qui n’empêche pas d’avoir un niveau de détails suffisant pour rendre le tout très beau.

Tu l’auras compris, j’ai bien apprécié cette lecture ; l’univers, le personnage, son côté énigmatique, tout ces points font que j’ai bien l’intention de lire la suite avec avidité.